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23.02.2010

migration vers nouveau blog

Cher, chère,

 

Tu l'auras remarqué, les possibilités qu'offre un blog sur skynet sont limitées. Rdv donc sur un nouveau blog plus attractif et interactif à l'adresse : http://thibaultdelamotte.wordpress.com/

 

Thibault.

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20.02.2010

Compte rendu de la 14ème législature du Parlement Jeunesse de la Communauté française de Belgique

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source:  http://parlementjeunesse.be/web/wp-content/uploads/2009/09/affiche_pj_20101.jpg

 

J’ai participé cette semaine du 15 au 19 février à la 14ème simulation parlementaire du Parlement Jeunesse de la communauté française de Belgique en qualité de député. Cette année, la députation était appelée à se prononcer sur l’adoption on non de quatre projets de décrets ; le premier reconsidérant la laïcité dans les secteurs de l’administration, l’enseignement et le privé ; le second étant une réforme de l’accès aux professions médicales ; le troisième s’attachant à revaloriser la parentalité en créant un statut de parent au foyer et enfin, le dernier projet se donnant pour objectif de créer un système carcéral humain, éducatif et revalorisant. Il est important de noter que la règle de base est la non-partisanerie, ce qui signifie qu’aucun député n’est bridé par une discipline de parti.

 

Mes impressions générales. Tout d’abord, je ne participais pas à cette simulation dans l’optique de faire de la politique. Ainsi, n’ai-je personnellement pas joué le jeu à fond. Je me suis contenté de stimuler le débat sur des questions de fond en évitant de rentrer dans des luttes d’influences en usant d’artifices de style afin de convaincre les autres de mes opinions. J’ai constamment éprouvé quelques difficultés à me positionner –prendre parti– car pour moi débattre c’est avant tout être convaincu que sa propre opinion va être modifiée. Ici, il n’était le plus souvent pas question de débattre, mais bien de convaincre. Une pratique à laquelle je n’adhère personnellement que dès lors que j’estime avoir trouvé la solution à un problème – ma Vérité.

 

Ensuite, j’ai trouvé très préjudiciable le fait que l’hémicycle soit majoritairement composé de juristes. Le débat a beaucoup perdu en qualité car les réponses qu’une personne apporte à un problème sont toujours formatées par le prisme de sa formation. De ce point de vue, le pluralisme est important afin d’éviter que le débat soit prisonnier d’un cadre de réflexion précis. Pour être concret, un décret s’attaquait à la problématique du numérus clausus. L’essentiel de la discussion s’est focalisé sur la possible « discrimination » entre l’accès aux études de médecines pour lesquelles il y a un contingentement et celui aux autres formations médicales et filières d’études pour lesquelles la satisfaction du minimum requis à la réussite est une condition nécessaire et suffisante. Dans ce cas, le fait que l’hémicycle soit majoritairement composé de juristes fut un gros problème car le numérus clausus est avant tout un problème économique. Il répond à la nécessité de réguler l’offre d’un bien publique (au sens juridique et non économique du terme). Ainsi, si on ne comprend pas le problème, il me paraît difficile de pouvoir y apporter une solution pertinente. Si on extrapole la réflexion, la tension entre démocratie et technocratie est omniprésente dans un hémicycle.

 

Enfin, le Parlement Jeunesse (PJ) se donne pour objectif d’avoir un impact sur le monde politique. Ici, je tiens à souligner que cet objectif ne pourra jamais pleinement être rencontré dès lors qu’il est implicitement acquis depuis le début que chaque projet sera avalisé. En effet, il est délicat de rejeter l’adoption d’un décret alors que le ministre (un étudiant) qui l’a proposé bosse dessus depuis des mois.

 

Pour ce qui est du reste, le petit déj’ de luxe, l’accueil en grandes pompes tous frais payés, le lieu des débats ainsi que de nombreuses rencontres riches et intéressantes sont en soi des raisons qui devraient, cher lecteur, te pousser toi aussi à pondre une lettre de motivation dans l’optique de participer à la prochaine simulation. 

 

22:04 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

08.02.2010

Du Bonheur de la Richesse

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La littérature économique sur le bonheur fait l’objet de recherches intensives. Bien sûr, le lien de corrélation entre le niveau de richesse –une donnée objective – et le bonheur – une donnée subjective – y occupe une place centrale.

 

La science économique postule que l’utilité marginale de la richesse est positive mais décroissante : l’utilité d’un euro supplémentaire pour un pauvre est supérieure à celle d’un euro supplémentaire pour un riche. Rien n’est plus faux. Théoriquement, cette affirmation a du sens mais elle ne se vérifie pas empiriquement. On observe que les besoins d’un être humains évoluent en fonction de sa richesse. Par exemple, Johnny Halliday ne conçoit pas de passer une nuit à un hôtel Ibis. Un milliardaire ne vole pas avec Ryanair mais en jet privé. Dans ce cas, l’utilité marginale d’une unité de richesse est constante et ce, quel que soit le niveau de richesse de l’individu.

 

Une première constatation donc : s’il existe un lien de corrélation entre bonheur et richesse, celui-ci ne découle pas du niveau de richesse absolu. Dès lors que les besoins augmentent en proportion de la richesse, le niveau de bonheur par rapport au niveau de richesse doit être constant.

 

N’y a-t-il donc aucun lien de corrélation entre richesse et bonheur ?

 

Des études accréditent l’hypothèse que le bonheur lié à la richesse est une notion relative. Un scientifique a fait cette expérience : il a interrogé un groupe de personnes leur demandant individuellement si elles préféraient recevoir un million, les autres ne recevant que le quart de cette somme, ou si elles préféraient que chacun reçoive deux millions.

La science économique postule qu’un agent rationnel choisirait la seconde option car deux millions excèdent un million en terme absolu. Pourtant, la majorité des gens préféraient la seconde option. Un résultat « somme toute » logique.

 

Cette étude suggère que l’être humain est plus heureux que son voisin dès lors qu’il est relativement plus riche que lui, un constat qui pose un fameux dilemme car il postule que le bonheur des uns suppose la pauvreté relative des autres. En clair : les pauvres seraient nécessaires au bonheur des riches. Ah la veule nature humaine ! Pourtant, une autre expérience intéressante met en exergue la nécessité d’une Justice Sociale. Laissez-moi la formuler sous la forme d’une question afin que vous puissiez vous interroger sur votre propre réaction. On propose à une de vos connaissances de lui donner 1000 euros. Celle-ci doit décider librement d’allouer la somme entre elle et vous. L’astuce est que vous possédez le dernier mot : le choix d’accepter la répartition proposée ou de la refuser auquel cas personne ne reçoit d’argent. Imaginez que votre ami vous donne 200 euros et se réserve le solde. Que faites-vous ?    

 

On constate que les gens optent généralement en faveur du rejet de cette proposition. Ce faisant, ils préfèrent saborder le navire –sur lequel ils sont eux-mêmes embarqué –  plutôt que d’accepter une répartition jugée inégale ! Or, un agent rationnel devrait préférer recevoir 200 euros à zéro euro. Ceci prouve que des considérations d’équité doivent intervenir dans la répartition des richesses : une personne préfère généralement refuser une répartition des richesses qui pourtant l’enrichirait car celle-ci est jugée inéquitable. Dans le cadre de cette expérience, une répartition jugée équitable est de  l’ordre de 40/60 (pourcents).

 

Il ressort de cette analyse qu’une contradiction flagrante apparaît entre l’objectif individuel de maximisation relative de la richesse et l’objectif social d’une juste répartition. Comment les réconcilier ?

Résoudre cette contradiction suppose de sortir du paradigme de l’affirmation de soi par les autres; d'une conception relative du Bonheur. En suivant une telle logique, le risque auquel s’exposent bien d’entre nous est de chercher le bonheur dans la reconnaissance sociale. Pourtant, l’illusion sera toujours temporaire: il existera toujours un voisin possédant une plus grosse voiture, maison, davantage d’amis, une carrière professionnelle plus achevée, etc…le désir et l’ambition ne connaissent pas de limites. Oublions donc cette notion du Bonheur que véhicule notre société.

 

La vie s’apparente à un graphique de la croissance macroéconomique marqué par des phases de croissance et de décroissance –des hauts et des bas –, les hauts supposant l’existence de bas. De ce point de vue, le Bonheur peut difficilement s’envisager comme un état permanent et donc ne peut être un objectif en soi.  Au lieu de parler de « Bonheur », qui est à mon sens un cocktail de sentiments que chacun peut éprouver en des instants forts de sa vie, nous devrions parler de « Dignité humaine ». Une notion qui recouvre le fait d’avoir un toit, à manger, des vêtements, un travail. Celle-ci au contraire du bonheur est objectivement quantifiable. La dignité pour tous peut et doit être un objectif. Dans cette perspective, on doit se demander si l’humanité progresse. On peut parler d'un bilan mitigé: d’un côté des conditions de travail en rien comparables à celles du 19ème siècle, de l’autre des communes bruxelloises accusant un taux de chômage de 50% des jeunes.

 

La dignité pour tous, tout un programme.       

14:12 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.02.2010

Le voile qui cache la forêt

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http://www.trekearth.com/gallery/Europe/France/West/Aquitaine/Campet-et-Lamolere/photo1068465.htm

 

 

Le débat médiatique se focalise souvent sur le voile, un symbole. Toutefois, la réflexion doit susciter des interrogations bien au-delà des questions pratiques qu’elle soulève. Pour user d’une expression courante : c’est l’arbre qui cache la forêt.

 

La question du voile traduit un malaise profond : celui de la viabilité d’une société multiculturelle. Soit, l’idée d’une cohabitation harmonieuse d’êtres humains de cultures, langues, histoires, différentes. En bref, en toile de fond se pose la question d’une société aux identités multiples.

 

Depuis le début du très actuel débat sur l’insécurité à Bruxelles, on lit dans la presse des politiques asséner des slogans éculés du type « tolérance zéro ». J’observe qu’un autre slogan – tout aussi simpliste – et ayant trait à ce même débat, nous est servi à l’envi. Et ce, sans jamais s’exposer aux feux de la critique dont font l’objet les slogans qualifiés de « populistes ». Je cite : « l’unité dans la diversité » ou encore, « la diversité est une richesse ». Tout un programme.

 

Pourtant, pour reprendre l’expression de Jules Destrée, « laissez moi vous dire la grande et horrifiante vérité »: l’unité dans la diversité est une idéologie. Il en est et restera ainsi dès lors que nous n’aurons la force d’assumer ceci : elle ne se conçoit que dans un cadre particuliers qui se doit de transcender les particularismes de chacun. Ce cadre, doit être le ferment d’une identité commune et ce afin qu’une multitude de convictions et sensibilités puissent venir s’y greffer.

 

L’unité dans la diversité suppose donc un ferment commun, une idée qui se conçoit généralement  par la référence à un socle de valeurs communes, acceptées de tous. Le principe de neutralité est une de ces valeurs. La démocratie, l’Etat de droit et les libertés fondamentales en sont d’autres. Je citerai l’égalité homme-femme.

 

C’est à ce point précis que le débat prend toute sa dimension : il est de notre devoir de nous interroger sur l’universalisme de ces valeurs. Pour être concret, je ne suis pas certains que l’Islam connaisse l’idée d’une séparation des pouvoir religieux et spirituels. Autre exemple: la Chine réfute souvent l’universalisme des droits de l’Homme. Ce pays nous démontre au quotidien que capitalisme ne rime pas avec démocratie. En négociant l’adhésion de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce, les Occidentaux pensaient probablement  « noyauter » le régime communiste de l’intérieur. En ralliant l’Empire du Milieu à l’éthique capitaliste, ils espéraient secrètement l’avènement d’une démocratie chinoise. Jusqu’à présent, la manœuvre est un échec.

 

Ceci doit nous faire réfléchir, nous, les Occidentaux. Les valeurs dont nous revendiquons l’universalisme sont perçues par d’autres comme relatives. Je l’ai souligné, une collectivité multiculturelle –une famille, une société, un monde– exige la référence à un cadre commun. Or, dès lors que ce cadre n’est pas perçu comme universel de tous, il est nécessairement imposé par une culture.

 

Le cadre qui régit actuellement les affaires humaines et ce tant à l’échelle microsociologique –notre pays – qu’à l’échelle macrosociologique –le monde –,   est occidental. Il est occidental car l’Occident est aujourd’hui le maître du monde. Par conséquent, il découle davantage d’un rapport de force que d’un universalisme accepté de tous. Le rappeler, c’est s’interdire de faire preuve d’un humanisme candide et béat.

 

Or, les rapports de force évoluent. La Chine est en train de s’ériger en première puissance mondiale. Ou encore, pour être concret, la religion musulmane deviendra la première religion à Bruxelles dans vingt ans. Face à ces bousculements, les occidentaux évoquent l’émergence d’un monde multipolaire ou encore, ou niveau local,  d’une société multiculturelle. Une idée qui traduit une perte de contrôle de l’Occident sur les affaires du monde. 

 

Car observez l’histoire. Celle-ci est parsemée de guerres, qui ne sont jamais que le point d’orgue d’une lutte d’hégémonie. A un point donné, le numéro deux acquiert suffisamment d’influence pour renverser le numéro un. Il impose alors son propre cadre de référence qui est maintenu dès lors qu’il conserve le contrôle. Qu’est-ce qui permet d’affirmer qu’une nouvelle logique se substituerait soudainement à celle-là ?!

 

Ainsi, je vous interroge: il y a-t-il une autre possibilité qui s’offre à nous que celle de se battre pour garder le contrôle ? Y a-t-il une autre possibilité qui s’offre à nous que celle d’imposer notre cadre à la collectivité, c’est à dire nos valeurs: la démocratie, la neutralité, l’Etat de droit, l’égalité homme-femme, la liberté d’association, la liberté d’opinion, la propriété individuelle ? Poser la question, c’est y répondre.

 

Revenons à la question du voile. Il suscite bien des controverses au sein de notre société car nous le percevons comme une violation d’une de nos valeurs: l’égalité homme-femme. Partant de ce point de vue, la seule position cohérente est d’interdire la Burka ou toute autre forme de voile complet, symboles d'une contradiction avec l'égalité homme-femme. En revanche, être cohérent avec ces mêmes valeurs, la liberté de culte pour être précis, exige d’accepter qu’une femme de confession musulmane puisse porter un foulard dans la sphère privée. Enfin, il y subsiste un conflit latent entre deux libertés fondamentales : la liberté de culte et la liberté d’association ou non. Il convient de trancher si le droit du patron de refuser d’engager une personne affichant des signes religieux prime sur celui de l’employé d’afficher ses convictions. A mon sens il appartient à une instance démocratique et donc représentative des sensibilités de la population de trancher la question.

Le principe de neutralité organise quant à lui la sphère publique.

 

J’irai un pas plus loin : la place de l’Islam suscite bien des débats car celui-ci semble mettre en cause le mode d’organisation de notre société en imbriquant le pouvoir spirituel et temporel.  Ne soyons donc pas naïfs  et ayons la force de dire « oui à l’Islam, mais à un Islam Occidental ».

20:50 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

04.02.2010

Stop à la ségrégation à l'école

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La mixité sociale est au cœur du débat sur l’école. J’en prends à témoin « la saga décret inscription ».  J’ai lu récemment dans une carte blanche (dont j’ai oublié la référence), une réflexion d’une qualité remarquable. Les auteurs invoquaient l’incapacité symptomatique des politiques à revaloriser l’enseignement technique et professionnel et proposaient de fusionner tous les réseaux en un afin de créer un réseau intégré. En clair, selon les termes des auteurs, terminée la distinction entre « la Champions League » –l’enseignement général – et les divisions de seconde zone. Chaque école dispenserait un enseignement général ainsi que certaines filières techniques et professionnelles. Ainsi, les élèves joueraient dans la même cour de récréation et apprendraient à côtoyer dès leur plus jeune âge leurs futurs concitoyens. Une idée brillante.

 

C’est un premier point, mais il faut pousser la réflexion encore plus loin. L’enseignement est (ou doit être d’un point de vue normatif) un bien public. Une démocratie libérale doit au moins garantir deux choses : (1) le libre-choix de son établissement scolaire et (2) l’égalité des chances. Partant de ce constat, ces deux objectifs ne sont conciliables que si on agit sur l’offre, c'est-à-dire la qualité du corps enseignant. Il n’est pas normal qu’il existe de telles disparités de niveau entre les établissements scolaires. Une des raisons probable est qu’une large fraction de notre enseignement –l’enseignement catholique – est privée. Ainsi, un directeur d’établissement est libre de contracter avec l’enseignant de son choix. Il y a donc un phénomène d’auto-sélection qui se produit. Les meilleurs éléments seront recrutés dans les meilleures écoles. 

 

Cette situation n’est pas acceptable car depuis le Pacte Scolaire (1954) l’enseignement catholique est devenu hybride : il possède un certains degré d’autonomie quant à son organisation, mais retire son financement de l’Etat. Soit, de l’argent de tous les contribuables. Il en va de même pour les salaires et la formation des enseignants. Ainsi, si le financement de l’enseignement est public, chacun à droit à un enseignement de qualité équivalente. En clair, il faut être cohérent avec ses choix et opter soit pour un enseignant privé, soit publique. La France, elle, possède un système cohérent. Tous les enseignants y ont le statut de fonctionnaire. Au terme de leur formation, ils sont affectés à un établissement scolaire. Autrement dit, la liberté contractuelle n’existe pas, ce qui assure une plus grande mixité du corps enseignant.

 

Une dernière réflexion : le but de l’enseignement secondaire devrait être de « minimiser les pertes ». Son but est de maximiser la taille du peloton et pas celle-de l’échappée. Son but est de former des citoyens responsables. Dans ce cas, il faut minimiser les occasions d’écumer le peloton par l’arrière. Les options provoquent un éclatement du peloton car les gens s’auto-sélectionne : les jeunes issus de milieux privilégiés vont s’orienter vers les filières dites « fortes », là ou les plus faibles opteront plus facilement pour les filières dites « poubelle » (sans les citer). Formulé autrement, il est plus intéressant d’avoir 80% des élèves qui ont fait math 5 que d’avoir une moyenne de 5 heures de math pour tous les élèves (certains ayant fait math 2, 4, 6, 8). L’enseignement universitaire à quant à lui pour vocation de former des élites, ce qui suppose d’allouer les moyens en fonction de critères de performance. Il ne faut pas confondre les objectifs respectifs de chaque type d’enseignement.

 

14:23 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

03.02.2010

Vers une « wallonisation » de la Flandre ?

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Avec la fermeture d’Opel Anvers, ce sont quelques 2300 travailleurs qui sont mis à la porte. La Flandre qui flirtait il y a peu avec le plein emploi accuse aujourd’hui un taux de chômage record avoisinant les 20%. Un chiffre qui effraie, a un tel point qu’il fait germer le doute et l’expression douteuse « wallonisation » dans les esprits du nord du pays.

 

L’expression fait sourire. Face à un tel mépris affiché tout wallon qui se respecte serait en droit de se féliciter que l’Histoire lui rende enfin justice. L’Histoire est elle en phase de se répéter ?

 

Une chose au moins est certaine : ces symptômes là sont structurels et non conjoncturels. Rudy Aernoudt l’écrivait déjà dans son livre « Flandre-Walllonie je t’aime moi non plus ». Paul de Grauwe, professeur d’économie internationale à la Kul, l’a souligné récemment : le secteur automobile est soumis à trop forte pression concurrentielle pour rester compétitif. La productivité dans ce secteur augmente chaque année de 3%. Dès lors que la demande de production n’augmente pas dans cette proportion, c’est l’emploi de ce secteur qui est condamné à long terme. L’industrie automobile concentrerait quelques 80000 travailleurs au nord du pays contre 20000 en Wallonie (1). Un chiffre conséquent.

 

Est-ce pour autant suffisant pour parler de « wallonisation » ? Je n’en suis pas certains. L’emploi wallon trinque moins aujourd’hui, mais c’est parce qu’il est davantage concentré dans le secteur publique qu’en Flandre. Le tissu de petites et moyennes entreprises en Flandre est dense, ce qui assure une plus grande élasticité de l’économie flamande : la crise s’y fait davantage ressentir, ce sera aussi le cas de la reprise.

 

En fait, ce qui choque, c’est la naïveté des belges. Ils ont beau se targuer d’être plus productifs que leurs voisins européens, lorsque des emplois sont en jeu, les réflexes protectionnistes reviennent au galop. Et à ce jeu là, la Belgique ne pèse pas lourd dans la balance. Alors qu’on essaye de construire l’Europe, le réveil est dur.

 

Une leçon à tirer de l’épisode Opel que les belges ne semblent toujours pas avoir intégrées: en temps de crise, c’est chacun pour soit. Notre poids politique est infime, et il semble que l’Europe n’y change pas grand-chose. D’où l’importance de conserver les leviers stratégiques de notre économie. Aujourd’hui, la majorité des entreprises du Bel 20 sont aux mains étrangères.

 

(1)   Sources: SPE Economie DGSIE 2006 et ONSS 2007. http://www.leforem.be/Horizonsemploi/secteur/19.html

 

18:08 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Suffrage proportionnel vs. Suffrage majoritaire

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Ci-dessous figure 1, un inventaire des avantages et inconvénients respectifs d’un système de représentation majoritaire et d’un système proportionnel.

 

Figure 1

 

Système proportionnel (ou le modèle belge)

Système majoritaire (ou le modèle français et américain)

avantages

inconvénients

avantages

inconvénients

toutes les tranches de l’électorat sont représentées : à long terme, cela conduit à un fractionnement de l’opinion publique

les compromis sont fréquents : la prise de décision est parfois peu fluide

les compromis sont moins fréquents : la prise de décision est fluide

Seule une tranche de l’électorat est représentée : à long terme, cela conduit à la polarisation de l’opinion publique

Le compromis entre les partis de droite et de gauche associés au pouvoir donne de la stabilité: il s'agit d'un équilibre à court terme.

Un manque d'alternance : les changements importants sont rares. A long terme, on observe une convergence des programmes de tous les partis

L’alternance se réalise facilement : les changements sont brutaux. A long terme, cela abouti à un équilibre résultant de l'alternance entre la droite et la gauche

Le manque de compromis induit un déséquilibre à court terme important, surtout si le parti au pouvoir joui de la majorité au parlement : il s’agit d’un déséquilibre à court terme

Une liberté de décision restreinte de chaque parti au pouvoir diminue le risque d’excès et de dérapages

un manque de transparence vis-à-vis de l’électeur : le programme appliqué résulte d’un compromis entre les partis au pouvoir

une très grande transparence vis-à-vis de l’électeur : le programme appliqué est essentiellement celui du parti au pouvoir

Une liberté de décision accrue du parti au pouvoir accroît le risque d’excès et de dérapages

 

Vous remarquerez qu’inconvénients et avantages se compensent réciproquement : ceci reflète l’équivalence en valeur absolue de chaque choix. En outre, ce tableau illustre à quel point les choix que nous effectuons modulent la réalité. Par exemple, l’opinion américaine est terriblement polarisée alors qu’il existe pas moins de 13 formations politiques en Belgique ; la prise de décision aux Etats-Unis est rapide et réactive alors qu’elle est lente et graduelle en Belgique.

 

Le choix d’un mode de représentation à donc une influence directe sur le processus de formation et de prise de décision, sur le nombre de partis politiques ainsi que sur le comportement de l’électeur. La question est donc de savoir lequel de ces choix relativement au contexte est optimal.

 

Le système proportionnel conduit à un équilibre à court terme . le programme gouvernemental est une fusion des intérêts divergents des partis de droite et de gauche associés au pouvoir, un compromis. Les excès des uns compensant ceux des autres, le compromis concilie les contraires, il tend donc vers une certaine forme d’équilibre (1). De façon imagée, un compromis gouvernemental est une grosse boule de chewing-gum obtenue après avoir mâché un chewing-gum bleu, et un rouge. Le rouge représentant les partis de gauche et le bleu ceux de droite.

 

Par contre, il conduit à long terme à un déséquilibre : la convergence des programmes. En effet, imaginez que des négociations impliquant des forces contraires soient multipliées à l’infini. Pour illustrer, je reprends ma métaphore précédente. Vous mâchez une fois deux chewing-gum, un bleu et un rouge, afin d’en faire une boule. Celle-ci symbolise un compromis gouvernemental. Ensuite vous séparez de cette boule les deux chewing gums initiaux : ceci représente la fin du gouvernement. Vous constatez que le chewing gum rouge est teinté de bleu et inversement. Cela représente le fait que les programmes des partis se sont mutuellement influencés en cours de législature. Ensuite vous répétez la même opération mais cette fois en mâchant deux fois le chewing gum : ceci représente de nouvelles élections. Si vous répétez cette opération à l’infini, vous constatez que la boule de chewing-gum est de couleur parfaitement violette.

 

Autrement dit, les deux couleurs de bases se sont confondues en une nouvelle: les extrêmes se sont confondus. Les programmes des partis politiques se sont confondus en un même programme, ce qui abouti à l’annihilation de tout débat contradictoire. C’est à mon sens une grave dérive du système proportionnel.

 

Le système majoritaire conduit quand à lui  à un équilibre à long terme. L’alternance des partis au pouvoir abouti à cet équilibre. En effet, si l’on considère la période de Roosevelt à Bush fils (1933 à 2009), les démocrates ont été 40 ans au pouvoir et les républicains 36 ans ! A court terme par contre, il induit un déséquilibre provoqué par le fait que le pouvoir appartient à la majorité. Ce déséquilibre est d’autant plus important si le pouvoir législatif est exercé essentiellement par des élus de la majorité. C’est le cas actuellement en France, mais pas aux Etats-Unis. Les excès à court terme, sont donc beaucoup plus à craindre que dans un système proportionnel.

 

Je me bornerai ici à donner une réponse générale à la question du choix optimal. De cette analyse ressort qu’en cas de recherche d’un équilibre à court terme que c’est le système proportionnel qui est optimal. Au contraire, elle indique que c’est le système majoritaire qui constitue le choix optimal en cas de besoin d’un équilibre à long terme. L’implémentation du concept de démocratie au niveau d’une collectivité symbolisée par un Etat s’étend sur le long terme. Ma conclusion est donc qu’un système majoritaire est le choix optimal dans ce contexte particuliers.

 

(1) Héraclite (VI siècle A.C) fut le premier philosophe à poser l’harmonie des contraires.

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Le Numerus Clausus, un mal nécessaire?

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Réponse: "oui". Pourquoi? C'est assez simple. La facture des soins de santé explose en Belgique (et en Europe de façon générale). Deux facteurs en sont la cause: le vieillissement de la population (surtout flamande) et l'augmentation de l'espérance de vie. Concernant le numérus clausus, chaque fois qu'un médecin arrive en plus sur le marché des soins de santé, "la part de marché des autres se réduit". En effet, tout choses étant égales par ailleurs, les médecins sont davantage à devoir se partager le même gâteau. Par conséquent, les médecins ont tendance à prescrire plus, afin de maintenir leur niveau de revenu initial (leur part du gâteau), ce qui fait exploser les budgets (un résultat standard dans la littérature économique sur le sujet). Cet effet pervers couplé avec le vieillissement de la population belge peu mettre la viabilité de notre système de solidarité en péril à plus ou moyen long-terme.

Des solutions?

(1) augmenter le seuil de tolérance subjectif à la douleur de la population, afin de diminuer le nombre de visites chez le médecin. Un moyen très simple étant de développer des politiques en faveur du vélo en milieu urbain. Le vélo au quotidien –surtout en hiver – est un excellent fortifiant pour l’esprit.

(2) Si nous vivons plus longtemps, il faut également travailler plus longtemps. Il est donc urgent d’adapter les exigences du marché de l’emploi aux travailleurs « du troisième âge ». Si nous ne travaillons pas plus longtemps alors que la population vieillit, la part de la population active va se réduire. Il arrivera un moment ou la génération active ne pourra plus fiancer les pensions de ses aînés. Ne pas anticiper ce problème, c’est s’exposer à de graves tensions sociales dans un futur proche.

There is no way out of this dilemma.  

15:08 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Droit de vote vs. Obligation de vote

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Un extrême n'est par définition pas un équilibre. Il est donc imparfait. Seule la synthèse des extrêmes est harmonie. Toute chose possède son contraire. Bien souvent, il faut opérer un choix. Il n'est pas de choix qui soit absolu i.e. qui soit nécessairement plus indiqué qu'un autre vu qu'il induit nécessairement un déséquilibre. Néanmoins, il est un choix qui relativement au contexte est plus indiqué.

 

Prenons le cas de la France. Au vu des conditions, il apparaitrait peut-être indiqué d'y rendre le vote obligatoire pour un temps. Le risque de voir un Jean Marie Le Pen au second tour des présidentielles deviendrait anecdotique. Dans le cas des Etats-Unis, une dose de scrutin proportionnel aiderait à tempérer l'effet de polarisation de l'opinion publique induit à long terme par le scrutin majoritaire. Enfin, dans le contexte belge, je suis pour le remplacement de l’obligation de vote par le droit de vote.

 

L'électeur accorde sa confiance à un mandataire publique qu'il choisit pour représenter au mieux ses intérêts: le vote fait naître un contrat entre l'électeur et son mandataire. Or, l'obligation de vote enlève à l'électeur la possibilité de sanctionner le politique en cas d'inexécution ou de mauvaise exécution de ses obligations.

 

En d'autre terme, l'obligation de vote ne renvoie pas le citoyen à sa responsabilité citoyenne qui est de s'interroger sur l'opportunité d'accorder sa confiance à un mandataire publique, ce qui suppose de s'informer. Le droit de vote au contraire octroie ce choix à l'électeur.

 

La question est de savoir au vue des conditions concrètes, pourquoi ceci constitue un problème aujourd'hui en Belgique. La réponse me paraît assez évidente: il existe un fossé (pour ne pas dire un abysse) toujours plus grand entre les citoyens et les politiques. Il se traduit par un déficit démocratique.

 

A mon sens, celui-ci est induit par le scrutin proportionnel et la fragmentation de l'opinion publique belge en deux communautés et  amplifié par l'obligation de vote.

 

La Belgique est officiellement un état fédéral. Toutefois, elle déroge à certaines règles qui caractérisent un modèle fédéral (le fédéralisme « à la belge »). Une divergence profonde du modèle belge par rapport au modèle standard est l'absence de partis nationaux (contrairement à l'Allemagne, aux Etats-Unis ou à l'Autriche).  Un des traits du confédéralisme.

 

L’absence de partis nationaux induit une fragmentation de l'opinion publique: l'opinion publique francophone et l'opinion publique néerlandophone dans ce cas précis. Un mandataire politique fédéral est élu par la moitié de l'opinion publique belge afin de la représenter dans son ensemble, ce qui est paradoxal.

 

Dans ce cas, dans un climat de crise communautaire, un mandataire politique rationnel à un incentif à radicaliser son discours. Le problème, c'est que le droit de vote étant obligatoire, l'électeur ne peut mettre le "hola" à la surenchère communautaire. Il en résulte un effet boule de neige qui contribue à la radicalisation de l'opinion publique et indirectement à accroître le fossé entre citoyens et politiciens. Le droit de vote obligatoire induit donc un effet pervers: il creuse un déficit démocratique.

 

Il existe pas moins d'une douzaine de formations politiques distinctes en Belgique, ce qui induit le jeu des coalitions. Au niveau fédéral, pas moins de quatre à six formations politiques sont représentées. Au niveau régional, ce nombre est moins important : il varie généralement de 2 à 3 formations.

 

Il est évident que plus le nombre de formations est importants, plus les concessions sont de mise: à quatre, ce n'est que un quart du programme –le contrat passé entre un parti et son électorat – de chacune des formations au pouvoir qui sera appliqué. Au fédéral, la coexistence de deux cultures amplifient encore un peu plus la difficulté des négociations.

 

Il en résulte des marchandages politiques censés aboutir à un compromis global: le programme finalement appliqué, çàd le contrat final liant toute l'opinion publique à travers la contribution respective de chaque parti. Vu sur le plan théorique, çà paraît beau, voir idéal. En effet, chaque tranche de l'opinion publique est représentée.

 

Le hic, c'est que ce processus induit un double procédé pervers. (1) un manque de transparence vis à vis du citoyen. En clair, le citoyen ne distingue plus bien quelle est la partie du contrat qui lie le parti pour lequel il a accordé sa confiance.  (2) A long terme, on assiste à une convergence des programmes des partis.

 

Le manque de transparence couplé à la convergence des programmes conduit le citoyen à se désintéresser de la politique. Le raisonnement auquel beaucoup de citoyens aboutissent se résume à ceci : " pour qui ce soit que je vote, le résultat sera le même". Ceci est tout à fait légitime. Le droit de vote étant obligatoire, l'électeur ne s'interroge plus sur l'opportunité des confier ou pas son vote à un parti. En clair, l'électeur se désintéresse de sa responsabilité citoyenne. Il se crée alors des comportements tels que "le vote par habitude" ou alors, effet beaucoup plus pervers, le vote pour des partis extrémistes.

 

Le vote par habitude contribue à "fixer l'électorat" de chaque parti. A long terme, la démocratie se transforme en particratie. L’obligation de vote contribue à fixer un tel système et creuse donc indirectement le déficit démocratique.

 

Conclusion:

 

La question de l'obligation de vote à trait au problème du déficit démocratique qu'il existe actuellement en Belgique. Le droit de vote, en rétablissant le droit de sanction de l'électeur, peut contribuer à ce que l'électeur se réapproprie sa responsabilité citoyenne et donc à réduire le déficit démocratique induit par la fragmentation de l'opinion publique et le scrutin proportionnel. L’introduction du droit de vote équivaut à une forme de dérégulation du « marché de la politique ».

14:41 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Philosophie des Rapports de Force

carte Chine

 

Du Déclin de l’Occident

 

Ce soir, je suis dans ma chambre, attablé à mon bureau. Il est trop petit pour que mes jambes se glissent dessous mais j’y suis attaché. Vingt ans plus tôt, il s’offrait à mon père comme support de travail.

Je suis pris dans la nébuleuse du temps. Ce matin, j’ai passé mon dernier examen. Un examen que je redoutais tellement que je l’ai ajourné deux années durant. C’est un petit peu l’ultime roc à gravir avant d’atteindre le sommet d’une montagne. Une montagne que j’ai commencé a escalader pas à pas, chaque jour de mon existence, depuis très précisément deux ans et demi.

L’air est connu, c’est un de mes favoris. The Fletcher Memorial Home des mythiques Pink Floyd.

Là-haut, la vue s’offre à moi. Le gouffre de mon existence. Un regard vers le bas. Un regard vers le haut. Je glisse dans une douce torpeur. Un jour, l’homme est seul, face à lui-même. Ce soir, je suis face à moi-même.

Depuis le premier jour, notre existence est aliénée de contraintes. Aller à l’école, obéir à ses parents, étudier, manger, dormir. Bien évidemment, ces contraintes sont nécessaires, elles permettent d’organiser la vie en société. D’ailleurs, l’économiste qui sommeille en moi est tout prêt à reconnaître que leurs bénéfices excèdent leur coût social.

Dans un cadre donné, les rapports humains s’établissent. La plupart d’entre nous ignorent qui définit les contours de ces cadres. Ils sont partout. La famille, les amis, l’école, les mouvements de jeunesse, votre profession.

Certaines personnes trouvent leur bonheur en interagissant dans ces cadres, tels les variables d’un modèle mathématique. D’autres comprennent un jour que ces cadres sont définis par d’autres. Petit à petit, ils cherchent donc à se hisser en dehors afin d’en définir la structure et les paramètres.

De ce point de vue, toutes les guerres sont des guerres d’hégémonie. Elles surviennent lorsque le cadre établis est remis en question. Deux exemples. Commençons par une analyse microsociologique et extrapolons ensuite. Il n’y a pas si longtemps, le mariage était la règle et le divorce l’exception. La femme était incapable juridiquement. Elle ne conduisait et ne travaillait pas. Un rapport de force au sein du couple était établi ; une forme d’équilibre. Dès lors qu’aucun « choc » ne le remettait en question, le couple tenait bon. Aujourd’hui, les femmes travaillent. Elles gagnent (presque) autant que leur homologues masculins. Dès lors, le rapport de force au sein du couple est beaucoup moins stable. Il est évident que d’un point de vue individuel, accéder à l’autonomie financière fut un moyen pour la femme de récupérer une partie de sa souveraineté. Ceci suppose bien sûr une remise en question de l’équilibre, et donc une phase chaotique en attendant qu’un nouveau point d’équilibre se matérialise.

Le raisonnement peu être reproduit à l’infini. Il suppose simplement une dynamique de groupe. La Chine par exemple se contente aujourd’hui d’interagir dans le cadre défini par les Etats-Unis. Un jour, lorsqu’elle aura acquise assez d’influence, elle cherchera à définir les règles du jeu, ce qui passera par une nécessaire remise en question du cadre actuel. L’aspiration à recouvrir une partie de sa souveraineté est à la source de toute ambition. Elle suppose une forme de contrôle sur autrui.

 

Le constat est donc celui-là : des rapports de forces s’établissent. Lorsqu’un des protagonistes obtient suffisamment de pouvoir, ceux-ci se fixent. Un cadre est défini à l’intérieur duquel les agents interagissent. On pourrait donc arguer que ces rapports sont pacifiant. Au sein du cadre défini, certains agents vont chercher à maximiser leur influence, motivés par une pulsion d’autonomie. A un point particulier, ces agents seront en mesures de remettre l’équilibre qui prévaut. On passe par une phase de chaos, jusqu’à ce qu’un nouvel ordre soit établi.

 

Ainsi, l’idée typiquement occidentale qui postule l’émergence d’un monde multipolaire est une illusion. Au début du 19ème siècle, les européens représentaient encore 20% de la population. A l’horizon 2050, leur poids démographique sera de 7%. Un homme sur quatre vit en Chine. Pour l’instant, la Chine se conforme aux règles du jeu telles que définies par les Etats-Unis. L’illusion occidentale est de croire qu’elle partagera le monopole de son influence lorsqu’elle sera devenue la première puissance mondiale. La question s’énonce donc en ces termes: assistons-nous à l’émergence d’un monde multipolaire ou à la prise de pouvoir graduelle d’un nouvel acteur hégémonique qui imposera un Nouvel Ordre mondial ?  

13:24 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Lettre de candidature Politic Academy

Dans le cadre des Jeunes Mr, il nous a été proposé de participer à la "Politic Academy". Il s'agit d'un concours pour faire un stage d'observation à la Chambre des Représentants de Belgique en qualité d'attaché parlementaire. J'ai été repris. Ci-joint ma lettre de motivation. Les commentaires suivront.

 

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La vie est une pièce de théâtre, ce qui importe c’est quelle soit bien jouée (Victor Hugo). Dès lors, si une chance s’offre à toi d’être acteur, saisis là! La Politic Academy offre cette chance –unique – de prendre le pouls de notre démocratie.

Difficile de m’en expliquer, mais l’appel résonne en moi tel une vocation. Depuis mon plus jeune âge, je me suis promis de m’engager un jour en politique. Car les symptômes ont toujours été là : un goût du débat, de la critique, des idées. A l’époque où j’étais haut comme trois pommes, mon instituteur me faisait remarquer : « Thibault, tu possèdes toujours un avis ». J’entrevois donc un stage au Parlement comme une porte sur l’avenir.

C’est un premier point car mon intérêt est également pratique. J’ai une formation interdisciplinaire en droit, économie et gestion orientation administration du secteur publique. Une large partie de mon cursus s’est déroulée en Flandre, ce qui m’a permis d’acquérir une expérience de vie de la richesse et à la fois de la complexité de notre petit pays. Un stage au Parlement est donc l’occasion d’examiner de près comment tous ces enseignements se traduisent dans la pratique. Car si les bouquins énoncent les règles, les acteurs font le jeu. Comment le droit d’interpellation s’exerce t-il ? Dans quelle langue s’effectuent les échanges ? Comment le débat est-il organisé ? Quels sont les rapports avec la presse ? En bref, de quoi le quotidien d’un représentant du peuple est-il fait ?  Autant de questions qui appellent des réponses.

C’est seulement depuis peu que j’ai officialisé mon adhésion à notre mouvement. Si l’envie était présente depuis longtemps, j’ai attendu. J’ai attendu jusqu’à ce que je me sente fin prêt. Cette candidature signe donc le début d’un engagement ferme, concret, palpable. Je remercie les initiateurs de ce projet qui offre une chance unique.

12:27 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Théorie du Chaos appliquée à la Belgique

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Modélisation d’un cas d’application : BHV, un casus belli.

 

Les sciences sociales c'est bien beau, mais à partir d'un moment il convient de rationaliser le débat si on veut s'adonner au jeu des prédictions. Je me suis donc inspiré d'une méthodologie proche de celle de la science économique afin de livrer mon pronostique sur BHV: la modélisation. L'exercice sacrifie en nuance; des hypothèses sont incontournables. Par contre, un modèle présente l'avantage de pouvoir être résolu de fàçon rigoureuse et donc d'apporter de la clarté.

 

Hypothèses :

 

  1. l’arrondissement électoral de BHV sera scindé à long terme.
  2. l’enjeu au cœur de BHV est territorial : éviter la fixation définitive de la frontière linguistique actuelle qui matérialiserait l’enclavement définitif de Bruxelles en Flandre.
  3. Le FDF est prêt à dynamiter le gouvernement fédéral si scission sans contrepartie territoriale (au minimum Rhodes Saint Genèse) il y a.
  4. Le FDF est la composante la plus puissante du MR. Le MR suivra donc la position du FDF.
  5. La NVA est prête à dynamiter le gouvernement flamand si contrepartie territoriale il y a.
  6. Cette menace sera perçue comme crédible par le CD&V.
  7. Le CD&V doit obtenir un compromis acceptable pour la NVA et ses propres électeurs en vue des élections fédérales de 2011.
  8. Un compromis doit être trouvé avant les prochaines élections fédérales, sans quoi celles-ci seraient inconstitutionnelles. 

 

Scénarios possibles :

 

1.      BHV est scindé sans contrepartie : le FDF fait sauter le gouvernement fédéral avec les sièges du MR (cf. hyp. 3&4).  

2.      BHV est scindé avec contrepartie territoriale : la menace de la NVA de faire sauter le gouvernement flamand étant crédible (cf. hyp.6), que fera le CD&V ?

3.      On vote une loi temporaire (cf. hyp. 1) pour en revenir aux anciennes circonscriptions électorales, le temps de trouver une solution : problème reporté.

 

Solution :

 

La seule solution matérialisant un nouveau point d’équilibre à long terme est la seconde :

 

  • L’option 3 est temporaire, elle ne fait que reporter le problème (cf. hyp.1).
  • L’option 1 mène au chaos. Une fois le gouvernement tombé, les francophones auront deux choix : accepter le Diktat ou faire imploser la Belgique. S’ils optent pour la seconde option, ce seront les francophones qui auront porté l’estocade finale.
  • L’option 2 est la seule viable mais elle dépend de l’attitude du CD&V:
    •  
      • Sub-option 1 : le CD&V dit merde à la NVA. Le gouvernement flamand tombe (cf. hyp. 5), les critiques des nationalistes fusent. Dans ce cas, le CD&V prend un gros risque en vue des élections fédérales de 2011 (cf. hyp. 7). BHV est désamorcé, mais l’élargissement alimente de nouvelles frustrations qui viennent gonfler les rangs des nationalistes aux prochaines élections.
      • Sub-option 2 : le CD&V n’a pas le courage de dire merde et quitte le gouvernement : chute de Leterme II. Si on se souvient de l’hypothèse 8 qui postule que de nouvelles élections seraient anticonstitutionnelles, ce scénario signifie aussi le chaos et la fin de la Belgique (dans le cadre de ce modèle).

 

Question :

 

Quelle carte jouera le CD&V ?

 

Réponse :

 

Ca dépend de la sensibilité de l’électeur. Si le CD&V dit merde à la NVA, il joue la carte de la Belgique. Dans le cas contraire, celle du « meilleur flamand ».

 

Quelle est la sensibilité de l’électeur flamand donc ?

 

On peut supposer qu’elle soit fortement dépendante du contexte. Or, ce qui prime aujourd’hui, c’est la crise économique. On peut donc raisonnablement supposer que le CD&V optera pour la stabilité (sub-option 1). Le problème justement, c’est que pour promouvoir la stabilité à long terme, le CD&V devra s’exposer à de l’instabilité au sein de gouvernement flamand en faisant fronde à la NVA. Pas sûr que çà paie électoralement (cf. hyp. 7).

 

Conclusion :

 

Ce modèle ne livre qu’une seule solution viable (non chaotique) à long terme : une scission avec élargissement en contrepartie et chute du gouvernement flamand (donc chaotique à cours terme).

 

 

Critique :

 

1. hypothèse 8 non-réaliste :

 

On peut arguer que l’hypothèse 8 n’est pas réaliste. En effet, il est possible qu’on s’assoie sur l’arrêt de la Cour Constitutionnelle. Reste à savoir si des possibilités de recours existent. Formulée en langage juridique, la question n’énonce en ces termes: la Cour a-t-elle épuisée sa juridiction? Je n’ai pas trouvé la réponse à cette question.

 

Soit, relaxons le modèle en oubliant l’hypothèse 8. Dans ce cas, nous reprenons l’analyse dans le cas de l’option 2 sub-option 2 : proposition de scission avec contrepartie territoriale refusée par le CD&V. Chute du gouvernement fédéral donc.

 

L’échec des négociations sera imputé aux francophones. En l’absence de débat contradictoire au niveau fédéral (il n’y a pas de partis fédéraux), cette frustration reléguée par les politiciens va se traduire en une inflation des votes nationalistes. Ainsi, les urnes livreront en Flandre un résultat encore plus radical que maintenant. On peut supposer que la Lijst Dedecker, le Belang et surtout la NVA feront carton plein (avec 16 sièges, la NVA est le grand vainqueur des élections régionales flamandes). Probablement à un point que soit Dedecker et/ou la NVA deviendront incontournables. Et oui, car n’oublions pas le cordon sanitaire autour du Belang, qui a pour effet de gonfler l’importance électorale du vainqueur.

 

Le processus pourrait prendre davantage de temps qu’une élection, mais au bout du compte, nous en arriverions probablement à la situation où les nationalistes deviendraient incontournables au fédéral. Là, difficile de prédire ce qu’il pourrait se passer, mais le chaos est une hypothèse.

 

Autre considération importante : les performances des nationalistes induisent un effet pervers très difficile à briser. En effet, chaque parti flamand est poussé à la radicalisation. C’est le phénomène de la course « au bon flamand ». A noter (soyons objectif) que c’est pareil, mais à un degré moindre, côté francophone : celui qui brisera le « front francophone » sera traité de traître.  

 

2. Retour définitif aux anciennes circonscriptions :

 

On pourrait arguer que ceci est également une solution à long-terme. Pas dans le cadre de ce modèle toutefois, vu l’hypothèse 1 qui postule une scission.

 

Note :

 

Je prétends que cette analyse n’est pas basée sur mon opinion subjective. Que du contraire, ma démarche revendique une forme de rationalité. De façon rigoureuse, les interactions possibles entre les pièces de l’échiquier sont évaluées.

 

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11:57 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bhv |  Facebook |

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